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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 12:24
Ervin Laszlo : Vers une nouvelle vision du monde
A partir des évolutions scientifiques contemporaines, et en particulier des découvertes en physique quantique, le philosophe Ervin Laszlo a élaboré une nouvelle vision du monde. L’individu n’est plus « maître et possesseur de la nature », mais retrouve une cohérence avec son environnement.

Qu’est-ce que la physique quantique a apporté à votre compréhension du monde ?
Ervin Laszlo : Ervin Laszlo : Un niveau plus profond de réalité. En physique classique, il y a des atomes qui bougent, qui sont en relation les uns avec les autres, mais il n’y a pas cette profondeur. Or, sous l’espace-temps newtonien se passent des choses qui sont le fondement de ce qui se passe au-dessus. Aujourd’hui, on sait qu’on ne sait pas ce que c’est, et on cherche à comprendre. L’un des aspects les plus remarquables de ce niveau profond de réalité, c’est la connexion universelle, le fait que toutes les choses soient en rapport direct et instantané avec toutes les autres. Il n’y a pas de séparation absolue, de phénomène purement local. Toutes les choses sont liées entre elles, à un niveau profond. C’est une vision du monde qui diffère fondamentalement de celle de la causalité newtonienne. 

Mais ce lien ce situe au niveau subatomique. Si vous étiez en ce moment aux Etats-Unis, sans moyen de communication, je ne pourrai ni vous entendre, ni vous parler.
Peut-être pourrions-nous communiquer, même sans satellite, en entrant dans un état modifié de conscience. Beaucoup de ces phénomènes sont cachés au niveau macroscopique, mais cela n’empêche pas le lien d’exister. Nous sommes nous-mêmes des systèmes quantiques macroscopiques. On découvre que certains réseaux dans le cerveau travaillent grâce à des résonances quantiques, qui lui permettent d’agir comme un récepteur d’information. 

En quoi la notion d’information est-elle si importante ?
C’est l’un des grands mystères. Comment un lien peut-il être à la fois instantané, au-delà du temps et de l’espace, conservé dans le temps, sans produire aucun des effets physiques connus, comme l’entropie(1) ? On peut utiliser le concept d’information en tant que processus physique, non pas au sens d’énergie classique. Cette notion a été développée par David Bohm, qui parle d’in-formation. C’est ce qui se passe dans le vide – le vacuum quantique qui au demeurant n’est pas vide ! – et a un effet observable dans le monde manifeste, sans être une énergie conventionnelle (voir encadré). 

Comment cet effet peut-il se produire, sans les interactions physiques connues ?
Un champ est par définition un facteur invisible qui produit des effets observables. Beaucoup de choses sont observables seulement par leurs effets. On observe un objet qui tombe, et non pas le champ gravitationnel. Tous les champs sont de ce type. Ajouter un champ encore plus profond qui est l’intégration des autres champs universels, ce n’est pas ajouter un océan ésotérique à la science. On ne fait qu’élargir l’application de l’idée de champ pour pouvoir rendre compte de mystères et d’observations qui sans cela ne peuvent être expliqués. 

Comment expliquer que l’information soit partout présente dans le champ ?
Quand nous avons un champ où les effets sont universels, présents en chaque point de l’espace et du temps, comment l’information est-elle distribuée dans ce champ ? C’est le principe de l’hologramme. Dans chaque point d’un hologramme se trouve l’image complète. Mon ami le neurophysiologiste Karl Pribam m’a appris cette expérience : Prenez un projecteur, enlevez l’objectif, mettez une diapositive dedans et regardez l’écran. Il n’y a pas d’image mais la totalité de la lumière qui traverse. Prenez l’objectif et mettez-le quelque part entre le projecteur et l’écran, n’importe où, toute l’image surgit alors sur l’écran. Car dans cette aire de projection, il y a en chaque point la totalité de l’information. Ce n’est pas que l’information voyage du point A au point B. Elle est déjà présente en tout point. 

Qu’est-ce que tout cela implique pour la conscience humaine ?
La première chose, c’est un changement de notre vision du monde. Nous n’avons pas affaire à des particules qui bougent dans un espace vide, comme le dit la mécanique classique, mais à un tout quasi organique, et cohérent. Tous les éléments sont en rapport les uns avec les autres. Par certains aspects, le cosmos a ce type de cohérence. Tous les événements qui s’y passent ont un rapport entre eux, et sont immergés dans un océan profond. Deuxième chose, la capacité du cerveau à recevoir des informations au niveau quantique. Les cultures traditionnelles peuvent l’admettre dans leur vie quotidienne. Mais nous, nous filtrons ces informations. Nous devons entrer dans un état altéré de conscience pour être en mesure de les recevoir. En revanche, notre cerveau est capable d’élaborer cette in-formation, qui n’est pas une énergie classique. Je connais des neurophysiologistes qui parlent de perception classique et de perception quantique. Simplement, dans la vision occidentale, la perception quantique est éludée, tout simplement parce que nous sommes convaincus qu’elle n’existe pas. Et si l’on est convaincu qu’une chose n’existe pas, on ne la voit pas. 

Vous nous parlez là d’une révolution vertigineuse. Pourquoi si peu de gens s’intéressent-ils à ces questions ? Pourquoi les physiciens eux-mêmes ne sont-ils pas les premiers à remettre en question toute notre réalité ?
Parce qu’il faut changer de paradigme. Et c’est toujours très difficile. L’expérience dans la science, mais aussi dans la culture en général, nous a appris que ce ne sont pas tant les personnes qui changent d’idée. Simplement, les tenants des conceptions anciennes meurent peu à peu, et ils sont remplacés par d’autres. C’est la même chose pour les espèces. L’espèce dominante s’éteint lorsqu’elle est dans la périphérie d’autres espèces qui ont connu une mutation et sont capables de survivre dans un environnement différent qui ne convient pas à l’espèce dominante. Changer les idées est difficile, surtout quand on fait partie d’un institut de recherches ou de n’importe quelle institution. Les grands théoriciens eux-mêmes ont des difficultés à s’exprimer librement. Il faut avoir une très grande réputation pour pouvoir dire ces choses. Récemment, le physicien Roger Penrose a donné une interview dans laquelle il a dit qu’il faudrait développer une conception entièrement nouvelle, au delà du modèle quantique. Et quand on lui a demandé comment qualifier cette nouvelle conception, il a juste répondu : « it’s beautiful », c’est beau ! (rires). Lui peut se permettre de dire cela. Le développement de ce nouveau paradigme viendra de gens qui ne sont pas dans le « mainstream », dans l’establishment. C’est mon cas. Ce qui m’intéresse, c’est ce qui me paraît le plus vrai, le plus fidèle à la réalité. On peut dire que je suis fou, je m’en fiche. 

Qu’entend-t-on par nouveau paradigme ?
Le paradigme est la totalité des présupposés d’une théorie. C’est une image, une idée du monde. Nous en avons tous une dans la tête – même si nous n’en sommes pas conscients – que nous avons construit à partir de ces présupposés. Quand il y a trop d’anomalies, trop de choses incompréhensibles sur la base de cet ensemble de présupposés, alors on cesse d’ajouter explication sur explication, et on propose un autre système. C’est ce qu’a fait Copernic en disant que le soleil était au centre du système, et non la Terre. Le nouveau paradigme consiste à re-simplifier en se basant sur une conception nouvelle, plus profonde, plus capable de répondre à nos interrogations. C’est un autre type de monde. 

Quelles qualités développeraient un individu qui vivrait dans ce nouveau paradigme ?
Les qualités dont nous avons besoin pour survivre sur cette planète : savoir que la solidarité a vraiment une base physique, que ce que l’on fait aux autres, on le fait aussi à soi-même. Les interactions existent partout, c’est une évidence. Si on met des déchets dans une rivière, ils ne disparaissent pas dans l’océan. Tout est lié de façon permanente. Nous faisons partie d’un monde organique, à la manière d’une cellule. Si une cellule n’est pas cohérente avec le reste de l’organisme, alors tôt ou tard, elle devient un cancer et le tue. L’organisme peut survivre quand tous les éléments qui le composent sont cohérents. L’humanité a perdu la cohérence avec la nature. 

Est-ce que cet individu utiliserait des capacités d’appréhension du réel différentes de celles qu’on utilise aujourd’hui ?
Toutes les autres espèces utilisent cette information. Ce n’est pas possible que tout ce que nous appelons instinct soit mystérieux. C’est un type d’information, de mémoire qui est reçu. Le nombre de bits d’informations nécessaires à une araignée pour construire sa toile est bien plus important que le nombre de particules qui composent l’araignée, mais elle sait comment procéder. Nous sommes en contact permanent avec le champ d’information qui nous entoure et nous reprenons cette information. Il n’y a que l’homme moderne qui ne l’utilise pas. Il y arrive parfois dans ses rêves, dans des états profonds de méditation, mais ce n’est pas reconnu dans la culture quotidienne. 

Pensez-vous qu’il y a dans le monde dit matérialiste une vraie souffrance, liée à la négation de ces perceptions ?
C’est une aliénation. Nous avons créé un monde stérilisé, réduit, pauvre, où il n’y a que quelques interactions. Tout est très limité. C’est comme vivre dans un mécanisme, c’est inhumain. Les cultures traditionnelles vivent dans un monde beaucoup plus vaste, plus intuitif. Aux frontières des nouvelles sciences, nous sommes en train de recouvrer certains éléments de cette richesse, à travers justement les phénomènes quantiques. 

Mais avec internet, Twitter, facebook, ne sommes-nous pas en train de créer un véritable réseau, entre tout le monde, de façon mécanique ?
Cette information est portée par les ondes électromagnétiques. Mais il faut concevoir qu’il y a aussi des phénomènes qui sont non électromagnétiques, qui sont des transmissions plus subtiles de l’information à travers des ondes dans le vide, et qui peuvent être perçues par un processus qu’on nomme « résonances quantiques adaptatives de phase ». Quand les phases se synchronisent, comme dans les phénomènes de résonance, Il y a alors transmission d’information. Nous pouvons nous synchroniser avec un aspect du monde qui nous entoure, avec certains événements. Je fais appel depuis des années à la médecine informationnelle, énergétique. Un guérisseur en Autriche peut se synchroniser avec mon corps, de préférence quand je dors, car en état d’éveil, nous sommes trop actifs et c’est plus difficile. Ma présence dans son cabinet n’est pas nécessaire. Le guérisseur trouve des déséquilibres qu’il essaie de corriger. Au matin, il arrive que je me sente bizarre. Il y a indéniablement un effet. Ce sont des ondes quantiques qui agissent dans ce champ-là. 

Vous évoquez aussi la résonnance entre les objets, entre notre Terre et d’autres Terres, par exemple ?
C’est une spéculation. Beaucoup de choses improbables se passent. La direction que prend l’évolution ne peut pas être purement aléatoire. Peut-être notre monde vivant est-il en rapport avec d’autres biosphères, qui existent depuis beaucoup plus longtemps. Il y a une forme de guidance. Dans cette période de crise, un nombre croissant de personnes ressentent une capacité de penser, de sentir, de s’orienter. Quelque chose se passe. 

Est-ce que vous voyez des signes tangibles de ce changement de conscience ?
Oui, dans le fait qu’il y ait une ouverture vers des connaissances qui jusqu’à présent étaient écartées comme purement fantaisistes. Dans ces situations de grands défis, nous avons besoin d’une compréhension beaucoup plus profonde que celle que donne la science traditionnelle moderne. C’est pourquoi l’ouverture d’esprit à des perceptions plus profondes, à une compréhension plus complète, n’est peut-être pas accidentelle. Les grands créateurs, artistes, prophètes, scientifiques, travaillent de cette manière. Edison a dit qu’il n’avait rien inventé, qu’il avait tout reçu. 

Est-ce qu’on n’entre pas là avec la notion de « but », dans des considérations religieuses ou spirituelles qui incitent justement les scientifiques à prendre leurs distances ?
Ce n’est pas forcément un but fixé, c’est un but qui émerge dans le processus. Le potentiel existe, qui permet la complexification, la conscience. Le cerveau est un transmetteur qui élabore l’information présente et peut en ajouter. Cela ne signifie pas qu’un but est donné par une entité transcendantale. Le but émerge au cours du processus, cette émergence en fait partie. Il s’agit de téléonomie(2), pas de téléologie. 

Pour vous, sommes-nous dans une situation d’urgence ?
La manière dont nous opérons dans le monde n’est pas durable, du point de vue de la finance, des ressources, de la population. Ce n’est pas l’environnement qui fait de nous une espèce en danger, c’est nous-mêmes. Parce que nous changeons l’environnement, nous créons les conditions qui vont changer l’équilibre de base de la biosphère. Cette biosphère tôt ou tard trouvera un nouvel équilibre, mais il est très probable qu’il sera moins favorable à l’espèce humaine, c’est-à-dire à 7 milliards d’individus qui sont tellement dépendants des équilibres actuels développés depuis le dernier âge glaciaire. Nous atteignons des limites. 

Pour intégrer de nouveaux concepts, l’humanité n’a-t-elle pas besoin de trop de temps, alors qu’on observe une telle accélération ?
Ce n’est pas la connaissance purement rationnelle qui est en jeu. C’est la connaissance instinctive, émotionnelle. Il s’agit de se sentir partie d’un système. C’est autre chose que de reconnaître qu’on fait partie d’un système. L’humanité pendant quasiment toute son histoire a vécu avec ce sentiment de faire partie d’un univers vivant, à l’image des Indiens précolombiens qui voyaient l’environnement comme leur père et mère, comme quelque chose de sacré. Un groupe d’individus n’a plus senti de façon profonde son appartenance et a commencé à modifier l’environnement. Cette évolution a culminé avec la séparation cartésienne de l’esprit et de la matière, avec l’idée de Francis Bacon de maîtrise du monde. La primatologue Jane Goodall m’a raconté qu’après avoir vécu des années avec des chimpanzés, elle parlait de la conscience de ces animaux. Ses collègues en Angleterre lui ont dit que c’était de la bêtise : « Enfin, les chimpanzés ne ressentent rien. » C’était il y a 25 ans. Ça a changé aujourd’hui. L’idée que la conscience n’est pas seulement humaine est de plus en plus acceptée. 

Qu’est-ce que la conscience justement ?
Bonne question. Nous ne le savons toujours pas. L’hypothèse la plus raisonnable est que la conscience est dans ce champ, ce vide quantique, qui est le logiciel de l’univers et contient toute l’in-formation, les constances universelles… Cela surgit dans l’espace-temps, formé par l’in-formation (au sens de Bohm). La conscience est une manière de capter une partie de cette in-formation qui est dans la nature, dans le cosmos. Nous sommes capables grâce à notre cerveau d’en décoder une partie importante. La conscience même est présente dans toutes les entités existantes. Le degré d’élaboration, d’articulation de conscience dépend de la capacité à capter cette information dans le monde. Chercher la conscience dans le cerveau revient à chercher le programme de télévision dans le récepteur. La conscience n’est pas produite par le cerveau. 

Quelle différence faite vous entre la conscience et votre identité ?
La conscience m’accompagne durant toute ma vie, et peut-être après. La conscience serait-elle la continuité de mon identité ? Je voyage beaucoup. Parfois quand je me réveille le matin, ça me prend un bon moment pour me rappeler où je suis. Peut-être se réveille-t-on d’une vie à l’autre sans se souvenir qui on était ? 

Deux séries d’événements ont été très marquantes récemment, pour des raisons différentes. La succession des « printemps arabes » et la catastrophe nucléaire de Fukushima. Que vous ont-ils inspiré ?
Certains affirment que quand de grands événements changent la conscience humaine, cela pourrait interagir avec les processus physiques sur terre. Mais nous n’avons pas encore les moyens de le vérifier. A travers l’émergence d’une nouvelle conscience comme dans le printemps arabe, ou bien à travers la démonstration que la nature peut nous réserver des surprises auxquelles nous ne sommes pas préparés, c’est l’instabilité du système que nous avons construit qui est démontré. Ces systèmes sont sous pression. Tout notre monde est dans une condition d’instabilité, qu’il s’agisse de nos organisations socio-culturelles et politiques ou de nos applications technologiques. Nous approchons du point critique au-delà duquel la situation ne sera plus soutenable, et ces événements sont un ferment qui vient nous rappeler la nécessité de créer un monde plus stable, non pas en re-stabilisant l’ancien, mais en créant un nouveau système.
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