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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 21:31
ÊTRE OU NE PAS ÊTRE DISPONIBLE ?

OLAF JACOBSEN

Extraits du livre Je ne suis plus disponible, p. 88-105
Ariane Éditions, 2010

 

Chaque affrontement, chaque dénigrement à notre égard signifie que nous sommes devant une responsabilité non souhaitée. Mais comme nous nous imposons cette obligation, nous nous sentons libres de prime abord, pour autant que nous puissions triomphalement nous en sortir complètement par nous-mêmes. Nous nous disons: "Je ne suis plus disponible à cette obligation", et vient alors le soulagement. Le combat cesse, nous pouvons être ouverts et chaleureux. Et sans sombrer encore dans l'obligation, nous pouvons même nous occuper de l'autre avec affection. Nous avons le choix chaque fois. Voilà pourquoi la phrase "Je ne suis plus disponible" est faite d'amour pur. Elle nous ouvre à des attitudes et des sentiments chaleureux, qui ne viennent que de nous-mêmes, si nous ne nous mettons plus à la disposition de déséquilibres étrangers. Être chaleureux envers quelqu'un et se conduire chaleureusement ne veulent pas également dire s'attacher à cette personne. Beaucoup de gens entretiennent cette confusion et créent accessoirement des liens - et des sentiments d'obligation. Si vous n'arrivez plus à vous défaire de ces sentiments, vous commencerez, à un moment donné, à combattre ces liens. La décision de ne plus être disponible à ce sentiment de lien vous ramène alors à votre côté chaleureux et vous ouvre à autrui.

Cette phrase - Je ne suis plus disponible à ce sentiment de lien - me comble d'énergie et de bonheur. Quand je l'emploie de façon ciblée et respectueuse, je peux toujours choisir quand, à quelle fréquence, et pour combien de temps je me rends disponible. Tentez aussi l'expérience avec la phrase "Je ne suis plus disponible à ton désir de changement". Comment vous sentez-vous après l'avoir formulée? Par ailleurs, et selon la situation, il peut être important de se rendre disponible au désir de changement de quelqu'un quand il s'agit de soutenir cette personne, d'établir avec elle une relation humaine pleine de compréhension, car une transformation peut réellement prendre place dans ce contexte. Il était bon de suivre votre sentiment de perception, de résoudre quelque chose grâce à votre aide et de vivre avec cette personne un heureux dénouement.

Vous avez toujours le choix.

Le bonheur naît quand nous avons un désir de changement, nous le vivons et nous parvenons avec succès à une transformation. Le bonheur naît également quand nous reconnaissons quelque chose ou quelqu'un comme il est, nous ne voulons plus le changer et nous nous sentons soulagés de cela.

La souffrance découle de notre volonté de changer ce qui ne peut l'être, du fait de nous sentir incapables de lâcher prise par rapport à notre désir de changement, de refuser de reconnaître les circonstances du moment (parce que nous n'avons pas encore pris le temps, peut-être, d'aller en profondeur dans ce désir de changement). La souffrance vient également quand nous avons un désir de changement, mais que nous ignorons comment le satisfaire (ici aussi cela dépendra de notre capacité d'approfondir le problème).

Le bonheur est au rendez-vous quand nous avons appris comment réaliser nous-mêmes ce désir de changement au bon moment, quand nous pouvons lâcher prise au bon moment par rapport à ce désir de changement, que nous pouvons le reconnaître tel qu'il est et au bon moment réaliser un nouveau désir de changement et de nouveau, que nous pouvons lâcher prise au bon moment ... tout en sachant que tout vient à point nommé.

La souffrance naît parfois du fait de ne pas avoir appris une chose très importante, soit le lâcher-prise. Apprendre et se détacher de quelque chose, c'est atteindre un meilleur équilibre et faire l'expérience du bonheur. Le bonheur absolu, c'est connaître toutes ces connexions et pouvoir se dire à chaque situation: "Et ceci en fait également partie." Même au plus profond d'une crise ou dans la pire douleur, je sais que cela aussi fait partie de ma vie, que cela montre la transformation éternelle et la perfection de l'univers. Je ressens ce savoir et cette foi en l'univers - malgré toutes les souffrances - comme le bonheur absolu...

"Je ne te suis plus disponible"

Sébastien fait partie d'une chorale. Le directeur de cette chorale est un être impatient, revêche de temps à autre, impoli avec les autres choristes. Sébastien se sent mal, car en étant présent, il est par le fait même disponible à l'ensemble de la situation, il perçoit le déséquilibre et ressent une forme de stress. Comment peut-il modifier la situation de manière à se sentir mieux?

Christiane et Harold forment un couple. À certains moments, Christiane se sent inquiète. Elle sait que cette inquiétude est liée à Harold qui se conduit alors de façon déplaisante. Mais elle sait aussi qu'elle ne voudrait pas passer tout son temps à le critiquer. Comment peut-elle changer afin de considérer l'attitude de son compagnon avec détachement et sans inquiétude?

J'organise une soirée de constellation hebdomadaire avec un groupe pendant laquelle je tiens le rôle de conseiller auprès des participants, pour la résolution de leurs déséquilibres personnels. J'exprime parfois des opinions et des sentiments qu'un interlocuteur n'arrive pas à saisir. Je me sens alors soucieux et je poursuis mes explications encore et encore, dans le détail. Puis je me sens insatisfait. Par mes explications, je me suis rendu disponible à cette personne et il se pourrait que je perçoive son stress; car elle se sent certainement stressée et désorientée, incapable de suivre mes explications. Sans aucun doute, elle se trouve stupide et n'ose pas me poser de questions. Comment puis-je changer cela de façon à ne plus percevoir le stress de l'autre et à me sentir serein même si ce dernier ne me comprend pas?

Les couples passent leur temps à se disputer. Souvent, ils n'ont pas conscience que la majeure partie de ces confrontations n'ont lieu que lorsque l'un se met à la disposition de l'autre et en ressent un déséquilibre. Parce qu'on se rebelle contre ce sentiment désagréable en voulant s'en débarrasser, on commence à critiquer l'autre qui est le déclencheur de ce sentiment. On impute la responsabilité à l'autre, non à soi-même. Peu de personnes ont pu reconnaître jusqu'ici que ce sont leur propre désir de changement et leur mise à disponibilité qui font naître ces sentiments.

Comment pouvons-nous influencer le dénouement de toutes ces situations? J'ai découvert six possibilités afin de retrouver l'équilibre.

1. Je ne me rebelle plus contre mes sentiments et j'accepte totalement le fait de leur être ouvert.

Ce n'est pas toujours aisé, car malgré notre acceptation, le sentiment persiste. Pourquoi? Parce que nous ressentons la situation à partir de nos sentiments de perception. Plus longtemps nous regardons quelque chose, plus longtemps nous le voyons. Si je dirige mes yeux vers du rouge, je vois rouge et ce, aussi longtemps que je regarde. Il en va de même pour nos sentiments. J'aurai les mêmes sentiments aussi longtemps que je serai disponible à une situation et que je la percevrai. Ces sentiments peuvent parfois même se renforcer par notre aversion, parce que nous avons un désir de changement et que nous percevons le déséquilibre encore plus intensément.

Quand nous cessons de nous rebeller et que nous acceptons la situation, nous nous sentons habituellement un peu mieux. Mais notre sentiment de perception demeure; il peut même parfois se renforcer. J'en ai fait l'expérience de temps en temps, en résolvant un problème. Je relâchais alors mon aversion, mais le sentiment désagréable devenait plus clair et plus fort au lieu de diminuer ou de disparaître. Je devenais simultanément plus conscient de ce que je percevais, pouvant alors l'exprimer et y réagir directement. Il n'y avait plus de problème, car cela s'était transformé en connaissance que j'étais capable de bien gérer. Par le déblocage d'un déséquilibre, je devenais souvent plus ouvert à cette perception et je pouvais donc mieux me mettre à la disposition de la situation, c'est-à-dire de l'autre, être utile et réussir à soutenir un développement futur.

Comme je l'ai fait, essayez de dire, à voix haute ou non, la phrase "Je ressens ceci pour toi" (dans le sens de "Je le fais pour toi"), et voyez ce qui change.

Dans son livre "La protection énergétique", Fons Delnooz propose de sourire aux parties de votre corps. Vous prendrez peut-être conscience alors dans quelle partie de votre corps le sentiment est le plus fort. Souriez intérieurement à cette partie de votre corps avec affection et accueillez ainsi ce sentiment.

La plupart du temps, les sentiments persistent aussi longtemps que vous ne choisissez pas l'une de ces possibilités.

2. Je ne suis plus disponible, je lâche prise et je me retire respectueusement.

Quand nous nous retirons d'une situation, le sentiment de perception cesse automatiquement. Mais il est important qu'il soit clair pour nous qu'en nous retirant ainsi de la situation, nous cessons également de nous rendre disponibles.

Pour ce faire, nous pouvons nous dire cette phrase intérieurement: "Je ne me rends plus disponible à ceci." Nous partons parfois quand même avec l'espoir que l'autre souffre de notre départ et modifie son comportement. Ou encore voulons-nous, en mettant de la distance entre nous et l'autre, nous venger et obtenir réparation de notre souffrance. Nous partons avec une rancœur intérieure, et peut-être notre sentiment porte-t-il même un "Tu peux bien aller ... !" Ou encore, nous avons peur, craignant sans cesse que l'autre nous pourSUIve.

Nous réagissons violemment contre le vécu. Ou nous craignons que notre départ ne nous libère pas du tout. Dans tous ces cas, notre départ n'en est pas vraiment un. Nous restons avec nos déséquilibres, disponibles à l'autre et à la situation, et nous voulons absolument changer quelque chose en partant. C'est ainsi que nos sentiments désagréables persistent ou réapparaissent après de courtes périodes.

Un départ qui nous libère complètement de notre sentiment de perception doit en être un au cours duquel nous acceptons respectueusement la situation et ne voulons plus la changer. Nous devons totalement abandonner notre désir de changement - et ne pouvons le faire qu'en appréciant la situation et en la considérant telle qu'elle est. Ne donnant aucune valeur négative à la situation, nous partons simplement en nous disant intérieurement, comme un être équilibré, chaleureux, respectueux, reconnaissant et humble: "Je la considère comme elle est et je ne me mets plus à sa disposition. Je laisse les déséquilibres tels qu'ils sont. Ils ont une place dans mon cœur." Je m'aide parfois de l'image suivante: une pièce musicale inachevée ou un poème appris à moitié que je laisse ainsi ont toujours leur place. Puis-je en sourire affectueusement?

Quand, dans un partenariat, l'autre perçoit notre recul dans un certain domaine et ne peut le gérer, il réagit presque toujours en créant une distance intérieure. Il est blessé ou il pense qu'il doit de toute façon s'éloigner quelque peu de nous. Tout cela est perçu au niveau des sentiments. Puis, cela se manifeste par notre capacité à nous retirer avec affection, par un sentiment de distance ensuite ressenti par l'un et l'autre - et souvent, par une mauvaise conscience.

J'ai souvent demandé à l'autre individu comment il gérait la situation. Il exprimait alors sa distance intérieure, et je pouvais lui expliquer que je ne prenais pas de distance, mais que je ne me rendais tout simplement plus disponible à la situation en question, tout en restant respectueux et ouvert envers lui.

Si la personne ne peut comprendre ou accepter notre explication, nous devons alors considérer sa distance et son sentiment de distance pour ce qu'ils sont. Si elle peut la concevoir et s'ouvrir à nouveau, alors notre recul est ressenti de façon plus agréable. Cela survient quand il y a compréhension mutuelle, sans distance intérieure, avec une ouverture d'esprit mutuelle et chaleureuse.

Mais dès que nous cédons à la rancœur ou à d'autres sentiments du genre, notre premier sentiment de perception désagréable persiste, parce que nous restons en contact avec cette perception et disponibles à celle-ci. Nous combattons. Peut-être cela arrive-t-il pour que nous allions plus en profondeur dans cette situation. Pour une raison, une partie de nous y reste attachée ou cherche encore quelque chose. Nous avons toujours des désirs de changement ou d'amélioration, sans pouvoir vraiment lâcher prise. C'est pourquoi nous sommes intérieurement encore ouverts et demeurons en résonance.

3. Je reste dans la situation et j'exprime mes sentiments. Je change ainsi la situation et, par là même, mes sentiments.

Exemple: je suis disponible à quelqu'un comme acteur pour une expérience. Son souhait est que je prenne sa place dans une constellation familiale. Je lui rapporte donc mes sentiments à ce propos. Il se sent compris et en est tellement bouleversé que les larmes lui montent aux yeux. Après les larmes, il peut à nouveau respirer plus librement. Je' me sens moi-même plus libre en tant qu'acteur. Mes sentiments ont :, été modifiés, car en les exprimant, mes mots ont généré non seulement ! une transformation chez cette personne, mais également de la situation.

Autre exemple: au travail, le supérieur de Gustave semble le voir comme un individu sans importance. Gustave ne se sent pas tenu en 1 estime. Quand il exprime ce sentiment à son supérieur ( "Je sens que vous ne me considérez pas" ), ce dernier en prend conscience. Désolé, il modifie son comportement envers Gustave, qui se sent alors plus apprécié par son supérieur.

Autre exemple encore: Béatrice ressent un déséquilibre quand elle est en contact avec son conjoint, Henri. Elle commence à le traduire en mots. Henri y réfléchit et acquiert une nouvelle connaissance grâce : à laquelle Béatrice se sent automatiquement mieux.

Quand vous communiquez vos sentiments avec affection - voire avec le sourire - tout en laissant à l'autre le choix de sa réaction (pour ne pas lui imposer une pression ou lui faire de reproches), vous serez peut-être témoin de merveilleuses transformations qui s'opèreront en lui. Votre interlocuteur n'était peut-être simplement pas conscient que son comportement avait un effet aussi désagréable sur vous. En vous exprimant, vous avez donc ouvert un espace pour une nouvelle prise de conscience de sa part.

Malheureusement, il arrive aussi parfois que votre entourage réagisse à cette expression de sentiments avec opposition, justification, distance, ou même avec la volonté de vous punir. Voyez alors si cette opposition n'est pas une réaction à votre ton qui pourrait avoir été parfois ferme, dogmatique ou même dépourvu d'égards. Il est possible que votre interlocuteur ait ressenti une assurance de votre part et qu'il y réagisse avec révolte et se mette en position de défense. Veillez à . vous exprimer avec beaucoup de respect. Vous permettrez alors à votre interlocuteur de se questionner. Si vous déclenchez quand même une opposition chez l'autre, ou ne savez pas être autrement que ferme et dogmatique, cela fait peut-être partie du processus. La discussion qui en résulte est possible ment le chemin vers un meilleur équilibre.

Laissez la dispute évoluer un moment et regardez la direction qu'elle prend. Une fin heureuse aura peut-être bien lieu plus tard. Dans ce cas, la dispute aura été pour vous un passage obligé qui aura amené l'autre à modifier son comportement au-delà de tout espoir. Suivez vos sentiments et continuez à observer si vous pouvez découvrir certaines connexions. Si rien n'a changé après un moment, vous pourrez choisir l'une des autres possibilités pour vous débarrasser de votre sentiment.

4. Je me détourne, je passe à l'offensive et j'entreprends de demander à mon interlocuteur de se rendre disponible.

Je viens de m'étendre sur la terrasse, au soleil, histoire de faire une petite sieste. Deux jeunes enfants du voisinage me voient couché là et commencent à faire du bruit dans ma direction. Ils veulent vraisemblablement voir comment je vais réagir. J'entends un premier "psitt", suivi peu après d'un autre, plus insistant. Les enfants veulent apparemment que j'ouvre les yeux et que je les regarde - ils se cacheraient alors sûrement (je suppose). Je ne réagis pas, tout en restant intérieurement très attentif à eux. Je leur suis disponible. J'entends alors une petite voix me dire: "Réveille-toi!" À ce moment, je choisis intérieurement de cesser de me rendre disponible et j'essaye de voir comment je ressens cette attitude.

Cette fois, j'entends un peu plus fort "Réveille-toi!" et je dirige mon attention toute entière vers les enfants dont les yeux sont rivés sur moi. Il est impossible de se rendre non disponible tant qu'on se maintient dans la situation. Toutefois, je refuse de rentrer dans la maison, où j'aurais la paix, mais plus de soleil. Je décide de leur parler, j'ouvre les yeux, je me lève doucement et me retourne, mais ne vois aucun enfant (confirmation de ma supposition). Je fais quelques pas dans la direction de leur voix et je dis clairement à voix haute: "Pourriez-vous s'il vous plaît me laisser dormir en paix?" Pas de réponse. Après une brève attente, je retourne m'allonger. Ce faisant, je jette quand même encore un coup d'œil dans leur direction et je vois une petite tête dépasser d'un coin. Désireux d'avoir encore une confirmation, je demande: "D'accord?" L'enfant me répond "Oui" d'une petite voix, en chuchotant presque.

J'ai alors la paix. Les enfants jouent un peu bruyamment dans le jardin d'à côté, mais ils ne font plus attention à moi et ne me visent plus. Je peux donc tranquillement me détendre et laisser mes pensées vagabonder malgré leur bruit. Ce que j'avais fait ne m'est apparu clairement que plus tard: en faisant semblant de dormir, je me suis rendu " disponible aux enfants, mais après ma demande, ce sont les enfants qui étaient à ma disposition.

5. Je passe intérieurement à l'offensive : ce n'est pas moi qui suis disponible à la situation, mais la situation dans sa totalité qui est immédiatement à ma disposition.

Nous pouvons décider d'observer secrètement notre environnement en tant qu'acteurs. Nous nous disons alors que toutes les personnes présentes jouent un rôle intérieurement et nous observons comment elles se comportent envers nous et ce que cela nous apprend.

J'ai ressenti la plus grande des libérations chaque fois que j'ai donné aux personnes autour de moi le même rôle du "sage univers ". Chaque humain est un acteur pour l'univers. À partir de cette optique, j'ai un tout autre regard sur les gens et j'observe quelle pièce de théâtre l'univers est en train de me jouer et ce que ce dernier cherche à me dire par l'entremise de ce jeu. Je ne me débats plus. Je pars du principe que le problème m'est utile. Je cherche les possibilités d'apprentissage I! qui me sont offertes par la situation et j'y fais correspondre toutes les attitudes des autres. J'ai aussi confiance que les comportements des autres ont une connexion logique que je ne suis pas encore en mesure de reconnaître. Mais je peux me fier aux autres pour prendre soin d'eux-mêmes, et ils me demanderont concrètement mon aide quand ils en auront besoin. J'ai le sentiment que les choses se passeront bien d'elles-mêmes. J'ai parfois refait l'expérience de choses que j'avais déjà vécues avec mes parents. Et j'avais alors une occasion à saisir, celle de mieux comprendre la situation actuelle et celle de mon passé grâce à de nouveaux questionnements. Le présent m'offre une solution qui était alors hors de ma portée, et j'en ressens un profond bouleversement.

Nous donnons souvent inconsciemment aux membres de notre i entourage le rôle de "ce qui doit changer" ou celui de "ce qui a besoin d'aide". Comme notre sentiment change, lorsque nous leur donnons le rôle de "sage univers ", nous laissons alors exister quelque chose qui en sait plus que nous-mêmes, soit l'univers.

Et tout cela me guide parfaitement grâce à un instinct sûr et pour des raisons que je ne peux pas saisir. Mais je peux apprendre. Quand je donne consciemment ce rôle à mon interlocuteur, mon sentiment d'inconfort disparaît immédiatement! Il se peut même que je découvre ce que le comportement de celui-ci veut exprimer de neuf. Il arrive parfois -lorsque j'observe avec une tout autre attitude intérieure - que mon environnement se modifie soudainement et réagisse à moi très différemment. Je remarque alors que mon environnement était en fait à ma disposition et réfléchissait mon attitude intérieure. Rappelez-vous: par votre manière d'observer, vous influencez ce que vous observez.

6. Je vois le sens de ce qui est et je peux donc le considérer et le reconnaître dans sa totalité. Tout est parfait ainsi. Le fait d'être disponible ou pas, ne fait aucune différence.

Il ne me vient aucun élément face à cette sixième possibilité. Tout est parfait. Dans cette acceptation se trouve la liberté. "Le sage accepte le monde tel qu'il est, sans appréhension ni aucune intention." (Bert Hellinger)

Revenons aux exemples laissés en suspens au début de cet exercice.

Comment Sébastien peut-il régler le problème avec son directeur de chorale à l'aide de ces six possibilités?

  1. Il continue à ressentir le déséquilibre, mais sans plus s'y opposer. Il reste simplement ouvert à son sentiment et laisse le reste aux autres.
  2. Il quitte la chorale et se dit: "Je vois le directeur tel qu'il est et je ne me rends plus disponible. "
  3. Il s'entretient avec le directeur de la chorale, lui exprime son sentiment et le rend donc conscient de ce que ses collègues ressentent. Si le directeur modifie son comportement, alors Sébastien sera libéré de son sentiment désagréable.
  4. Très courageux, il parle ouvertement de ses sentiments et demande au directeur de chorale et aux choristes concernés de prendre un peu de recul et de régler leurs différends plus amicalement dans le futur. Ou alors, il déclenche intentionnellement un autre problème, qui détournera l'attention des différends passés.
  5. Il s'imagine que le directeur de la chorale et les choristes tiennent pour lui le rôle de "sage univers" et regarde s'il peut reconnaître dans le comportement des autres des messages susceptibles de l'aider à mieux comprendre la situation dans son ensemble et certains de ses propres sentiments.
  6. Il reconnaît que tout ce qui est s'avère parfait ainsi. Il ressent de nombreuses connexions harmonieuses, la façon dont tout s'imbrique, ce que l'un ou l'autre peut apprendre de la situation, et le fait que lui-même n'est pas forcément nécessaire à la transformation. Qu'il soit disponible ou pas n'y changera rien. Il n'est qu'un choriste, et ce, corps et âme. Si on lui demande son aide, il se rendra naturellement disponible.

Comment Christiane peut-elle régler son déséquilibre avec Harold?

  1. Elle continue à ressentir les déséquilibres - mais sans s'y opposer. Elle se rend simplement disponible à son sentiment et laisse le reste entre les mains d'Harold.
  2. Chaque fois qu'elle se sent mal au contact d'Harold, elle se retire avec affection, laisse les choses telles qu'elles sont en n'étant plus disponible et s'occupe d'autre chose.
  3. Elle ouvre la discussion avec Harold et parle de son sentiment. Peut-être acquiert-il ainsi une connaissance. Cela pourrait libérer quelque chose en lui, il en serait transformé, et cela transformerait simultanément le sentiment de perception de Christiane.
  4. Elle demande une faveur à Harold. Il se rend alors disponible à sa demande et la situation est renversée.
  5. Christiane imagine qu'Harold tient pour elle le rôle de "sage univers" et elle observe le comportement de ce dernier. Cela peut-il l'aider dans ses problèmes du moment? Peut-elle ainsi acquérir une connaissance sur ses propres problèmes?
  6. Elle accepte que tout soit parfait tel quel. Elle ressent à quel point tout s'harmonise. Elle comprend qu'Harold peut apprendre de la situation par lui-même et qu'elle n'est pas forcément nécessaire à cette transformation. Qu'elle soit ou non disponible ne changera rien. Elle est sa conjointe avec tout ce que cela comporte. Si on requiert son aide, elle sera évidemment prête à se rendre disponible.

Que puis-je faire pour des participants à mes groupes qui ne peuvent saisir immédiatement mes explications?

  1. Je continue à ressentir les déséquilibres, mais sans m'y opposer. Je reste tout bonnement ouvert et disponible avec mon sentiment et je laisse le reste dans les mains des autres.
  2. Dès que je me sens mal en donnant des explications, je cesse tout de suite d'expliquer, je me retire intérieurement avec affection, laissant les choses telles quelles sont. Je ne suis plus disponible à la question qui a mené à cette situation. J'attends d'être convié à continuer de parler ou à répondre à une autre question.
  3. Je parle au participant de mon inconfort et je lui demande si cela correspond à quelque chose. Y a-t-il quelque chose qu'il n'a pas saisi? Dois-je reprendre mon explication? Peut-être pourra-t-il ainsi acquérir une nouvelle connaissance ou trouver le courage de me questionner, et je me sens plus léger pour la poursuite de mon explication.
  4. Faisant comme si j'avais perdu le fil de mon explication, je demande au participant de me dire à nouveau ce qu'il vient de comprendre. Il commence alors à m'expliquer. La situation est renversée. Je pourrai peut-être, au vu de la façon dont il s'explique, faire des déductions sur mon ressenti au moment d'expliquer? Ou apprendre à connaître le type d'explications qu'il utilise et m'en servir à son avantage, pour qu'il saisisse mieux mes propos.
  5. J'imagine que ce participant tient pour moi le rôle de "sage univers" et je continue d'observer son comportement et mes sentiments pendant que je lui explique quelque chose. Puis-je découvrir un élément qui m'aidera à mieux cibler mes explications? Aurai-je ainsi de nouvelles idées?
  6. Je reconnais tout cela pour ce que c'est, et c'est parfait ainsi. Je ressens l'harmonie, ce que le participant pourrait encore apprendre de mes explications et de son stress. Je ressens aussi que je ne serai pas forcément nécessaire à cette transformation. Que je sois disponible ou non n'y changera rien. Je ne suis que le conseiller qui explique. Si une nouvelle demande d'aide m'était adressée, je serais évidemment prêt à me rendre disponible pour de plus amples explications.

J'ai inscrit ces six possibilités en gros caractères sur une feuille que j'ai affichée au mur. Néanmoins, je les oublie parfois et je reste alors coincé un moment avec mes sentiments désagréables. Je constate a posteriori que j'ai pu alors vraiment apprendre quelque chose, que mon oubli faisait partie du processus, et je souris ...

La profondeur du petit mot "non"

Un ami, formé en PNL, me racontait que notre cerveau ignore souvent le mot "non". Quand je dis à quelqu'un de ne pas penser à une pipe, au moment où je le lui dis, il va naturellement penser quand même à une pipe pour ainsi pouvoir me comprendre. Il ne peut donc pas transposer mon instruction.

J'ai lu quelque part une histoire à ce sujet. Elle racontait à peu près ce qui suit. Un homme entend parler, par les habitants du village, d'un sage vivant dans les montagnes. Ce sage sait comment transmuter une pierre en or. L'homme se met donc en route pour aller trouver le sage en question. Quand il le trouve, il lui demande s'il peut lui expliquer comment transmuter une pierre en or. Le sage lui explique que les nuits claires de pleine lune, il doit allumer un feu de camp dans la forêt, y mettre la pierre et danser autour de ce feu pendant deux heures. Heureux d'avoir obtenu cette information, l'homme s'en va. 1 Mais sur le chemin du retour, il se dit que cela a l'air trop simple, que le sage a certainement omis quelque chose. Il revient donc sur ses pas et demande au sage s'il lui a en effet caché quelque chose. Le sage répond: "Oui, pendant tout le rituel, tu n'as pas le droit de penser une .. seule fois aux ours. "

L'idée de mon ami était de modifier la phrase "Je ne suis plus disponible" de telle sorte qu'elle ait un effet "constructif". On pourrait, par exemple, réfléchir à quelle situation de remplacement on peut se rendre disponible et l'exprimer.

Ayant réfléchi à cela, j'en ai tiré la conclusion suivante: l'impact des mots "non, ne pas" n'est pas toujours un inconvénient. Nous en avons souvent besoin pour éclairer certaines situations. Si quelqu'un m'invite à l'accompagner à la piscine, mais que je n'en ai aucune envie, ma réponse la plus claire pour cette personne sera un "Non, je ne viendrai pas avec toi". Après cette affirmation, je reste libre de choisir ce que je désire plutôt faire. Quand la compagnie ferroviaire ne veut pas que l'on fume dans une section de train, il ne lui servirait à rien de lister aux voyageurs tout ce qu'ils pourraient faire au lieu de fumer. La façon la plus directe est d'accrocher une pancarte montrant une cigarette barrée d'un trait rouge. Chacun sait tout de suite que cela signifie "Interdiction de fumer".

Le fait de dire "Je ne suis plus disponible à XYZ", déclenche plusieurs choses simultanément :

Nous acceptons (in)directement la vision du monde selon laquelle nous sommes tous connectés et qu'il est possible de nous mettre les uns à la disposition des autres sur le plan des résonances énergétiques.

Nous prenons conscience d'être justement à la disposition de XYZ. Il peut alors être important de nommer exactement XYZ (ce à quoi nous sommes disponibles). C'est ainsi que nous pouvons aller plus en profondeur dans notre déséquilibre par le fait d'y avoir accordé notre attention. Nous pouvons mieux distinguer XYZ de nous-mêmes.

Nous allons contre ce qui existe, nous adoptons ainsi une nouvelle attitude, nous nous sentons tout de suite différents, et nous sommes prêts pour l'étape suivante.

Notre mission à venir consiste à découvrir les conséquences de notre décision et à apprendre à connaître la nouveauté.

Je suis en accord avec la forme actuelle de la phrase "Je ne suis plus disponible à ...". Elle offre la possibilité d'exprimer deux visions en la combinant avec les mots "à la place de ".

Par exemple: "Je ne suis plus disponible à ce rôle et je te le confie, mais je suis volontiers à la disposition de moi-même en tant que conseiller/ régisseur/ enseignant accompagnateur/ entraîneur."

Un jour, j'ai donné un petit bout de papier à une participante à un séminaire. Sur un côté, j'avais écrit: "Je ne suis plus disponible à mon saboteur intérieur." Si elle retournait le papier, elle pouvait également y lire: "Je suis disponible à mon brillant processus d'apprentissage." Elle aura le choix, avec ce papier, de lire ce qu'elle veut en tout temps.

Olaf Jacobsen

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