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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 10:49
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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 10:28
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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 12:39
Introduction au voyage chamanique
Le pouvoir de guérison des chamanes est aujourd’hui pris au sérieux par un nombre croissant de professionnels de la santé. Avec le livre La voie du Chamane traduit par Laurent Huguelit, l’anthropologue Michael Harner nous emmène à la source de la guérison chamanique.
© Mama Editions
Chamane est un mot de la langue des Tungus ou Toungouses de Sibérie – appelés aujourd’hui « Evenk » – qui a été largement adopté par les anthropologues pour désigner des personnes qui, dans une grande variété de cultures non occidentales, étaient auparavant connues sous les appellations de « sorcière », « sorcier », « homme-médecine », « enchanteur », « homme de magie », « magicien » ou « voyant ». Contrairement à ces étiquettes familières, le terme chamane a l’avantage de ne pas être chargé de préjugés ou de significations contradictoires. Qui plus est, il ne suffit pas d’être un homme-médecine ou un sorcier pour être un chamane.

Un chamane est un homme ou une femme qui entre – volontairement – dans un état modifié de conscience afin de contacter et d’utiliser une réalité qui est d’ordinaire cachée, en vue d’acquérir de la connaissance et du pouvoir, ainsi que pour aider d’autres personnes. Le chamane possède au moins un, et généralement plusieurs, « esprits » à son service.

Comme l’observe Mircea Eliade, le chamane se distingue des autres magiciens et hommes-médecine par son utilisation d’un état de conscience qu’Eliade, suivant la tradition mystique occidentale, appelle « extase ». Mais la pratique de l’extase seule, souligne-t-il avec justesse, ne définit pas le chamane, parce que le chamane dispose de techniques d’extase spécifiques. Eliade explique que par conséquent, « on ne peut donc pas considérer n’importe quel extatique comme un chamane ; [le chamane] est le spécialiste d’une transe, pendant laquelle son âme est censée quitter son corps pour entreprendre des ascensions célestes ou des descentes infernales ». À cela, j’ajouterais que, dans sa transe, le chamane travaille normalement en vue de guérir un patient en restaurant son pouvoir bénéfique ou vital, ou en aspirant des forces nuisibles. Le voyage auquel Eliade se réfère est spécialement entrepris afin de restaurer le pouvoir ou de retrouver une âme perdue.

L’état de conscience extatique, ou modifié, et la perspective acquise qui caractérisent le travail chamanique peuvent être utilement appelés État de conscience chamanique (qui sera à partir de maintenant désigné sous l’abréviation ECC). L’ECC comporte non seulement une transe ou un état de conscience transcendant, mais également une conscience des méthodes et des postulats chamaniques acquis dans cet état. L’ECC s’oppose à l’État de conscience ordinaire (ECO), au sein duquel le chamane retourne après avoir mené à bien son travail spécifique. L’ECC est la condition cognitive dans laquelle sont perçues la « réalité non ordinaire » de Carlos Castaneda et les « manifestations extraordinaires de la réalité » de Robert Lowie. L’aspect acquis de l’ECC inclut des informations sur la géographie cosmique de la réalité non ordinaire, afin que l’on puisse savoir où voyager pour trouver la plante ou l’animal (ou tout autre pouvoir) approprié. Cela inclut la connaissance des moyens par lesquels l’ECC permet d’accéder au Monde d’en bas chamanique.

L’aspect acquis de l’ECC inclut des informations sur la géographie cosmique de la réalité non ordinaire, afin que l’on puisse savoir où voyager pour trouver la plante ou l’animal (ou tout autre pouvoir) approprié. Cela inclut la connaissance des moyens par lesquels l’ECC permet d’accéder au Monde d’en bas chamanique.

En ECC, le chamane éprouve une joie ineffable caractéristique devant ce qu’il voit, une admiration respectueuse face aux mondes superbes et mystérieux qui s’ouvrent devant lui. Ses expériences sont semblables à des rêves éveillés qui paraissent réels et au sein desquels il peut contrôler ses actions et diriger ses aventures. Alors qu’il est en ECC, le chamane est souvent stupéfait par la réalité de ce qui lui est présenté. Il parvient à accéder à un univers entièrement nouveau, pourtant familier et ancien, qui lui fournit des informations profondes à propos du sens de sa propre vie et de sa propre mort, ainsi que sur sa place dans la totalité de toute existence. Durant ses grandes aventures en ECC, il maintient un contrôle conscient sur la direction de ses voyages, mais ne sait pas ce qu’il découvrira. Il est un explorateur indépendant dans les palais infinis d’un splendide univers caché. Enfin, il rapporte ses découvertes afin d’enrichir son savoir et d’aider les autres.

Le chamane est un voyant accompli qui pratique généralement dans l’obscurité, la nuit ou au moins avec les yeux couverts, afin de « voir » clairement. Certaines formes de vision chamanique peuvent être réalisées les yeux ouverts, mais cette sorte de perception est souvent d’une nature moins profonde. Dans l’obscurité, le chamane n’est pas distrait par la réalité et peut se concentrer sur les aspects de la réalité non ordinaire essentiels à son travail. Mais, l’obscurité seule ne suffit pas à la vision chamanique. Le voyant doit également entrer en ECC, assisté par le son du tambour, par des hochets, des chants et de la danse.
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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 12:37
Michael Harner : L’ inventeur du chamanisme moderne
L’anthropologue Michael Harner est une figure centrale de la redécouverte du chamanisme dans nos cultures. Son travail fut parfois vertement critiqué dans certains milieux académiques, mais il est aujourd’hui unanimement reconnu comme étant un pionnier du retour du chamanisme en Occident.
C’est durant les années 1960 qu’une nouvelle vague anthropologique décida de se rappro­cher des chamanes et de les considérer non plus comme étant des objets d’étude – et le mot objet est à comprendre ici dans sa signification péjorative également –, mais comme des praticiens d’une forme de savoir pragmatique issu du contact direct avec les forces de la nature. Cette nouvelle va­gue fut portée principalement par de jeunes anthro­pologues américains partis sur le terrain en Amérique centrale et du Sud, qui décidèrent de prendre les pratiques et les récits des chamanes au sérieux, sans leur imposer une interprétation folklorisante dépré­ciative. L’un des principaux éléments déclencheurs de ce changement d’attitude provint directement du fait que ces anthropologues acceptèrent de pénétrer dans l’univers des chamanes en participant à leurs cé­rémonies et en consommant leurs plantes sacrées. Il est important de comprendre qu’il n’était pas évident de se positionner ainsi à cette époque – et aujourd’hui encore, c’est parfois difficile –, sous peine de briser un tabou académique très profondément ancré dans les moeurs intellectuelles occidentale. Observer les cha­manes, oui, mais participer à leur folie, non !
Né en 1929, Michael Harner fut l’un des chefs de file de cette nouvelle vague. Il avait 27 ans lorsqu’il commença à faire parler de lui suite à deux séjours chez les Indiens Shuar ou Jívaro de l’Amazonie équa­torienne, en 1956 et 1957. Les fameux « réducteurs de têtes » allaient devenir l’un de ses sujets de prédi­lection, si bien qu’il devint le spécialiste des Shuar et publia un ouvrage intitulé Jívaro : People of the Sacred Waterfalls (Les Jívaros, hommes des cascades sacrées), qui reste à ce jour l’une des principales références sur cette peuplade. 

À cette époque, le jeune anthropologue joua encore le jeu de l’observation classique : « Je recueillis [...] avec succès de nombreuses informations sur leur culture, mais je restai un observateur extérieur au monde des chamanes. » Son approche du chamanisme fut cepen­dant bouleversée en 1960-61, lors d’un séjour chez les Indiens Conibo du Pérou durant lequel il fut in­vité à prendre de l’ayahuasca, la boisson psychotrope qu’utilisent les chamanes d’Amazonie pour accéder au monde des esprits. « Les gens étaient amicaux, mais hésitaient à parler du surnaturel. Finalement, ils me di­rent que si je désirais vraiment apprendre, je devais boire la boisson sacrée des chamanes, une potion à base d’aya­huasca, «la liane de l’âme» ». Il fallait consommer les plantes des Indiens pour comprendre leur manière de voir le monde. C’était une condition sine qua non. Et c’est ce que fit Michael Harner. En acceptant d’entrer dans l’univers des chamanes, il inaugura une voie ini­tiatique qui fut ensuite empruntée par d’autres an­thropologues (voir encadré : La postérité d’une vision). 

Le déclic chamanique


Le récit de sa première prise d’ayahuasca chez les Conibo, qu’il décrit dans La Voie du chamane, est un monument de la littérature anthropologique. Dans un style aventureux et enjoué, l’anthropologue y conte la manière dont il fit l’expérience de visions rappelant étrangement les scènes décrites dans l’Apo­calypse biblique. Il revécut également l’évolution de la vie sur Terre et vit d’immenses dragons tombés du ciel venir peupler notre planète. Cette expérience eut un impact décisif sur la vie de Michael Harner : il décida de ne plus se cantonner uniquement à son rôle d’anthropologue, mais d’ap­prendre les techniques du chamanisme. En discutant de ses visions avec un vieux chamane conibo aveugle, il fut abasourdi de découvrir que les chamanes avaient accès aux mêmes visions que lui et qu’apparemment, ces « hallucinations » étaient à la source de leur savoir – elles faisaient partie intégrante de leur cosmologie. Pour conclure leur échange, le vieux chamane aveugle lui dit qu’après avoir vu tant de choses, il ne faisait aucun doute que lui aussi, l’anthropologue blanc, puisse devenir un « maître chamane ». Qu’Harner soit conibo ou américain ne faisait aucune différence. Seuls le contenu et la qualité de ses visions étaient pertinents, et non sa couleur de peau ou ses origines ethniques. Cette ouverture d’esprit convainquit l’an­thropologue : il prit le vieux chamane au mot et dé­cida de poursuivre sa quête chamanique. 

Après avoir obtenu son doctorat en anthropologie à l’Université de Berkeley, et bien décidé à en savoir plus sur ses présumées capacités chamaniques, il retourna chez les Shuar en 1963 et en 1964, cette fois-ci dans le but d’apprendre les techniques du cha­manisme. Il entreprit cette quête en partant du prin­cipe que toute hypothèse doit être vérifiée par l’expé­rience. Comme lors de son séjour chez les Conibo, il fut invité à plonger – littéralement – dans la pratique : avec deux amis shuar, il se rendit à la cascade sacrée des Jívaro. A l’époque, qu’un blanc soit invité à péné­trer dans un sanctuaire aussi préservé constituait un événement en soi. C’est un honneur difficile à conce­voir aujourd’hui, alors que le tourisme amazonien bat son plein. Ses amis Shuar lui firent consommer de la maikua, une plante visionnaire très puissante (Brugmansia spp.), et à l’image du vieux chamane co­nibo, ils n’émirent aucun doute sur le fait qu’un blanc puisse apprendre à devenir chamane. 

À son retour d’Amazonie et durant une quinzaine d’années, Michael Harner enseigna dans certaines des plus prestigieuses universités d’Amérique du Nord : Columbia, Berkeley, Yale, la New York Academy of Sciences, etc. Il fut notamment le professeur d’un étudiant qui allait beaucoup faire parler de lui dans les milieux alors très restreints de la « renaissance chama­nique » : Carlos Castaneda. L’amitié qui lia Castaneda et Harner fit couler beaucoup d’encre, en particulier au moment où des doutes – justifiés – furent émis sur la véracité du contenu des ouvrages de Castaneda. Michael Harner resta fidèle en amitié et s’interdit de tomber dans le piège du lynchage collectif, mais il prit cependant ses distances par rapport à l’approche contestée de son ancien élève : « Plus tard, Carlos s’est plus orienté vers son propre monde. Ses derniers livres n’ont pas grand-chose à voir avec le chamanisme et beau­coup à voir avec le propre monde de Carlos. [...] Il était dans le monde du sorcier. » 

Tambour battant


Tout en continuant d’enseigner en contexte acadé­mique, Michael Harner poursuivit son travail sur le terrain en côtoyant plusieurs peuplades amérin­diennes, dont les Pomo et les Salish. C’est en tis­sant des liens d’amitié avec certains chamanes de ces cultures – dont la célèbre chamane pomo Essie Par­rish –, qu’il découvrit que selon les contextes géogra­phiques et culturels, le chamanisme est très souvent pratiqué en utilisant le son percussif du tambour, sans prise de plantes psychotropes. « Finalement, j’ai eu la possibilité d’essayer de battre le tambour. J’avais un préjugé contre cette méthode que je croyais inca­pable de faire quoi que ce soit, mais de fil en aiguille, après plusieurs expériences, ça a fonctionné. Après cela, j’ai passé du temps avec les Indiens de la côte ouest qui utilisaient les tambours de manière très efficace pour atteindre l’état de conscience chamanique. » 

Parce qu’il n’est pas illégal, qu’il n’est pas une « dro­gue », le tambour joua un rôle de pivot central dans le retour des pratiques chamaniques en Occident : « C’est cela qui a fait qu’il m’a été tellement facile d’en­seigner le chamanisme pendant toutes ces années, parce que c’est une méthode légale, sûre, efficace et ancienne. Elle apprend aux gens qu’il y a plus qu’une seule porte vers la réalité non ordinaire ». De plus en plus at­tiré par la pratique en soi, ainsi que par le besoin de transmettre à autrui le fruit de ses recherches, Mi­chael Harner fonda le Center for Shamanic Studies en 1979, dans le but d’offrir aux personnes ayant des capacités chamaniques la possibilité de dévelop­per leurs potentialités dans un cadre formel. C’est à partir de là que son travail devint véritablement ré­volutionnaire, parce qu’il permit l’émergence d’une forme de chamanisme moderne adapté au contexte occidental – et partant, c’est également à partir de là qu’il fit des remous dans le monde académique. Le fait qu’un anthropologue de renom décide de « jouer à l’Indien » attisa l’incompréhension, et même par­fois la haine, de certains de ses collègues, et cela en particulier sur le Vieux Continent, moins enclin à voir la pertinence de son approche pragmatique et novatrice – no nonsense comme disent les Améri­cains. 

La littérature anthropologique des années 1980 et 1990 regorge d’insinuations parfois violentes à l’en­contre de Michael Harner, l’anthropologue déchu – ou le « néochamane », terme péjoratif qu’Harner lui-même n’a jamais utilisé – qui a osé franchir la limite de l’académiquement correct en décidant d’ensei­gner le chamanisme sans pour autant être né dans la jungle d’Amazonie ou dans les steppes de Sibérie. Car il semblait évident, dans l’optique restreinte d’une certaine pensée intellectualiste, qu’il y a des choses qui ne se font pas – et Michael Harner les a faites. Il a osé braver les tabous académiques, tant et si bien qu’en 1980, il poursuivit de plus belle en publiant le livre qui allait changer à tout jamais la manière dont le chamanisme est perçu et abordé en Occident : La Voie du chamane (The Way of the Shaman). 

La voie est ouverte


Comme je l’écris dans la préface de la nouvelle édi­tion française de cet ouvrage, « La Voie du chamane est sans aucun doute l’un des plus importants ouvrages sur le chamanisme, parce que justement, il parle de chamanisme, c’est-à-dire de techniques spécifiques per­mettant de changer d’état de conscience, de voyager et de travailler dans le monde des esprits. » Avec cet ou­vrage, Michael Harner se positionna clairement du côté du praticien. Dans un style enthousiaste, clair et précis, La Voie du chamane nous conduit au coeur du sujet, puisqu’il y est question d’apprendre les techniques du chamanisme. Ce changement radi­cal d’approche axé sur la pratique, Michael Harner l’a formalisé en 1985 en fondant la Foundation for Shamanic Studies (FSS), un organisme mondial à but non lucratif visant à préserver, à comprendre et à transmettre les techniques du chamanisme dans le cadre de formations et de stages destinés à toute personne ressentant l’appel chamanique. 

A l’origine de la FSS, il y a cette idée que chez nous, comme dans toutes les cultures du monde, une partie de la population a des capacités chamaniques. Mais ces capacités restent bien souvent latentes, parce que suite à deux mille ans de persécution, nous avons appris à les renier. Nous avons même développé une forme très particulière de « névrose chamanique », dont le principal symptôme est la croyance tenace selon laquelle il est impossible de pratiquer le chama­nisme en Occident, comme si cette partie du monde était corrompue culturellement au point de s’être complètement détachée de ses racines. Mais pourquoi l’Occident serait-il si différent des autres cultures ? Faisant fi de ce préjugé pessimiste, Michael Harner a voulu prouver qu’au contraire, nos racines chamaniques ne demandent qu’à être réveillées. Pour dénicher les chamanes potentiels qui sommeillent en nous, il a fait en sorte de fournir un accès à une forme d’enseignement adapté au contexte de la vie moderne – et en observant la vigueur avec laquelle le chamanisme est en train de se redévelopper aujourd’hui dans nos pays, force est de constater qu’il a réussi son pari. En ramenant la pratique chamanique dans les pays occidentaux, Michael Harner a cherché à en définir les points fondamentaux. Il est parti du principe que ce ne sont pas ses caractéristiques culturelles spéci­fiques qui donnent au chamanisme sa fabuleuse ca­pacité d’adaptation – sa plasticité –, mais ses aspects techniques, qui sont universels. Il a nommé core-sha­manism, ou chamanisme fondamental, la cosmologie et l’ensemble de techniques qu’il a regroupés dans un but pratique. Pour parvenir à un ensemble cohérent et non dogmatique, il s’est inspiré de son travail sur le terrain et de sa propre pratique, ainsi que de la littéra­ture spécialisée. Il s’est notamment penché sur l’oeuvre de l’historien des religions Mircea Eliade, auteur de l’ouvrage classique Le Chamanisme et les techniques archaïques de l’extase, qui fut l’un des premiers spécia­listes à discerner des caractéristiques universelles dans les pratiques chamaniques du monde entier. 

Le temps de la reconnaissance


Alors que la FSS connaissait un succès grandissant, Michael Harner décida de se retirer du monde acadé­mique en 1987. Fait étonnant – mais est-ce vraiment étonnant ? –, c’est à partir du moment où il a tiré sa révérence que ses anciens détracteurs sont petit à petit revenus sur leur position, pour finalement prendre conscience de l’importance de l’oeuvre de ce pionnier en avance sur son temps. 

Ainsi, en 2003, le California Institute of Integral Studies lui décerna un doctorat honoraire en études chamaniques. En 2009, la prestigieuse American An­thropological Association organisa deux séminaires sur le chamanisme en son honneur. La même année, il reçut le Pioneer in Integrative Medicine Award de l’Institute of Health and Healing de San Francisco, où il fut acclamé comme étant l’une des autorités mondiales en matière de chamanisme et de tech­niques traditionnelles de soins. Dans le livre Higher Wisdom, qui regroupe les témoignages de plusieurs acteurs clé du renouveau spirituel qui a débuté dans les années 1960, Roger Walsh, professeur de psychia­trie, philosophie et anthropologie à l’université de Californie, et Charles S. Grob, directeur de recherche et professeur à la UCLA School of Medicine, résu­ment avec brio la carrière de Michael Harner : « Sa manière de combiner l’approche anthropologique, l’ex­pertise académique, les études du chamanisme dans de multiples cultures, et sa propre formation chamanique, a produit une profondeur et une étendue d’expertise et d’influence rares, peut-être uniques. » Bien que des sommités comme son ami Stanislav Grof le considèrent aujourd’hui comme « un authen­tique chamane blanc », Michael Harner n’a pourtant jamais cessé de se considérer avant tout comme un anthropologue : « J’étais, et je suis toujours, un anthro­pologue. » Dans le cadre de la FSS, il a mis sur pied plusieurs programmes d’étude et de préservation des peuplades chamaniques. L’un d’entre eux a pour but de réintroduire le chamanisme dans des cultures où il est en voie de disparition. 

Fidèle au principe de non-ingérence, c’est unique­ment sur demande que la FSS entreprend ce type de démarches. « En plus de la mission de ramener la guérison chamanique en Occident, j’ai souhaité que la Foundation soit au service des peuples indigènes qui souhaitent faire revivre le chamanisme après des décen­nies, voire même des siècles, de persécution. Après tout, les peuples indigènes ou tribaux furent très longtemps les seuls dépositaires du savoir chamanique, et le monde a une immense dette envers eux. » C’est par exemple sur une demande du gouvernement de la République de Touva, que la FSS travailla pendant plus de dix ans avec les chamanes de cette région d’Asie centrale. La République de Touva est connue pour être l’un des berceaux historiques du chamanisme, et ses traditions ont été presque totalement éradiquées par le commu­nisme, à l’image des tambours des chamanes confis­qués et enfermés dans des musées. 

En 2006, Michael Harner a créé un conservatoire du savoir chamanique, le Shamanic Knowledge Conser­vatory, qui renferme des dizaines de milliers de do­cuments de référence sur la pratique du chamanisme traditionnel et moderne. Avec sa femme Sandra, il a également mis sur pied un projet expérimental de re­cherche dans le but d’étudier la manière dont les soins chamaniques influencent le système immunitaire du corps humain. Finalement, par l’intermédiaire d’un programme intitulé Living Treasures of Shamanism (Les trésors vivants du chamanisme), il a décidé de soutenir les derniers chamanes de certaines traditions en voie de disparition – un chamane daur de Mongo­lie, certains des derniers chamanes tibétains, l’un des derniers chamanes-jaguar du peuple des Baniwa, en Amazonie brésilienne, entre autres exemples. 

De la forêt amazonienne des années 1950 aux stages de core-shamanism du 21ième siècle, Michael Harner a su garder son intégrité et suivre sa vision, sans se départir d’un sens de l’humour parfois subtilement corrosif. Il a voulu démontrer que le chamanisme appartient à toutes les cultures du monde, y compris notre culture occidentale qui l’a pourtant très long­temps renié, et que le personnage du « chamane » est voué à s’adapter et à se transformer avec le temps, comme il l’a fait depuis des millénaires. Comme il l’explique dans La Voie du chamane, « en un sens, le chamanisme est en train d’être réinventé parce que l’Occident en a besoin. » Et cette réinvention, nous la devons en grande partie à lui, un anthropologue au destin chamanique qui a su maintenir fermement l’attitude qui caractérise les pionniers : il a osé.
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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 12:24
Ervin Laszlo : Vers une nouvelle vision du monde
A partir des évolutions scientifiques contemporaines, et en particulier des découvertes en physique quantique, le philosophe Ervin Laszlo a élaboré une nouvelle vision du monde. L’individu n’est plus « maître et possesseur de la nature », mais retrouve une cohérence avec son environnement.

Qu’est-ce que la physique quantique a apporté à votre compréhension du monde ?
Ervin Laszlo : Ervin Laszlo : Un niveau plus profond de réalité. En physique classique, il y a des atomes qui bougent, qui sont en relation les uns avec les autres, mais il n’y a pas cette profondeur. Or, sous l’espace-temps newtonien se passent des choses qui sont le fondement de ce qui se passe au-dessus. Aujourd’hui, on sait qu’on ne sait pas ce que c’est, et on cherche à comprendre. L’un des aspects les plus remarquables de ce niveau profond de réalité, c’est la connexion universelle, le fait que toutes les choses soient en rapport direct et instantané avec toutes les autres. Il n’y a pas de séparation absolue, de phénomène purement local. Toutes les choses sont liées entre elles, à un niveau profond. C’est une vision du monde qui diffère fondamentalement de celle de la causalité newtonienne. 

Mais ce lien ce situe au niveau subatomique. Si vous étiez en ce moment aux Etats-Unis, sans moyen de communication, je ne pourrai ni vous entendre, ni vous parler.
Peut-être pourrions-nous communiquer, même sans satellite, en entrant dans un état modifié de conscience. Beaucoup de ces phénomènes sont cachés au niveau macroscopique, mais cela n’empêche pas le lien d’exister. Nous sommes nous-mêmes des systèmes quantiques macroscopiques. On découvre que certains réseaux dans le cerveau travaillent grâce à des résonances quantiques, qui lui permettent d’agir comme un récepteur d’information. 

En quoi la notion d’information est-elle si importante ?
C’est l’un des grands mystères. Comment un lien peut-il être à la fois instantané, au-delà du temps et de l’espace, conservé dans le temps, sans produire aucun des effets physiques connus, comme l’entropie(1) ? On peut utiliser le concept d’information en tant que processus physique, non pas au sens d’énergie classique. Cette notion a été développée par David Bohm, qui parle d’in-formation. C’est ce qui se passe dans le vide – le vacuum quantique qui au demeurant n’est pas vide ! – et a un effet observable dans le monde manifeste, sans être une énergie conventionnelle (voir encadré). 

Comment cet effet peut-il se produire, sans les interactions physiques connues ?
Un champ est par définition un facteur invisible qui produit des effets observables. Beaucoup de choses sont observables seulement par leurs effets. On observe un objet qui tombe, et non pas le champ gravitationnel. Tous les champs sont de ce type. Ajouter un champ encore plus profond qui est l’intégration des autres champs universels, ce n’est pas ajouter un océan ésotérique à la science. On ne fait qu’élargir l’application de l’idée de champ pour pouvoir rendre compte de mystères et d’observations qui sans cela ne peuvent être expliqués. 

Comment expliquer que l’information soit partout présente dans le champ ?
Quand nous avons un champ où les effets sont universels, présents en chaque point de l’espace et du temps, comment l’information est-elle distribuée dans ce champ ? C’est le principe de l’hologramme. Dans chaque point d’un hologramme se trouve l’image complète. Mon ami le neurophysiologiste Karl Pribam m’a appris cette expérience : Prenez un projecteur, enlevez l’objectif, mettez une diapositive dedans et regardez l’écran. Il n’y a pas d’image mais la totalité de la lumière qui traverse. Prenez l’objectif et mettez-le quelque part entre le projecteur et l’écran, n’importe où, toute l’image surgit alors sur l’écran. Car dans cette aire de projection, il y a en chaque point la totalité de l’information. Ce n’est pas que l’information voyage du point A au point B. Elle est déjà présente en tout point. 

Qu’est-ce que tout cela implique pour la conscience humaine ?
La première chose, c’est un changement de notre vision du monde. Nous n’avons pas affaire à des particules qui bougent dans un espace vide, comme le dit la mécanique classique, mais à un tout quasi organique, et cohérent. Tous les éléments sont en rapport les uns avec les autres. Par certains aspects, le cosmos a ce type de cohérence. Tous les événements qui s’y passent ont un rapport entre eux, et sont immergés dans un océan profond. Deuxième chose, la capacité du cerveau à recevoir des informations au niveau quantique. Les cultures traditionnelles peuvent l’admettre dans leur vie quotidienne. Mais nous, nous filtrons ces informations. Nous devons entrer dans un état altéré de conscience pour être en mesure de les recevoir. En revanche, notre cerveau est capable d’élaborer cette in-formation, qui n’est pas une énergie classique. Je connais des neurophysiologistes qui parlent de perception classique et de perception quantique. Simplement, dans la vision occidentale, la perception quantique est éludée, tout simplement parce que nous sommes convaincus qu’elle n’existe pas. Et si l’on est convaincu qu’une chose n’existe pas, on ne la voit pas. 

Vous nous parlez là d’une révolution vertigineuse. Pourquoi si peu de gens s’intéressent-ils à ces questions ? Pourquoi les physiciens eux-mêmes ne sont-ils pas les premiers à remettre en question toute notre réalité ?
Parce qu’il faut changer de paradigme. Et c’est toujours très difficile. L’expérience dans la science, mais aussi dans la culture en général, nous a appris que ce ne sont pas tant les personnes qui changent d’idée. Simplement, les tenants des conceptions anciennes meurent peu à peu, et ils sont remplacés par d’autres. C’est la même chose pour les espèces. L’espèce dominante s’éteint lorsqu’elle est dans la périphérie d’autres espèces qui ont connu une mutation et sont capables de survivre dans un environnement différent qui ne convient pas à l’espèce dominante. Changer les idées est difficile, surtout quand on fait partie d’un institut de recherches ou de n’importe quelle institution. Les grands théoriciens eux-mêmes ont des difficultés à s’exprimer librement. Il faut avoir une très grande réputation pour pouvoir dire ces choses. Récemment, le physicien Roger Penrose a donné une interview dans laquelle il a dit qu’il faudrait développer une conception entièrement nouvelle, au delà du modèle quantique. Et quand on lui a demandé comment qualifier cette nouvelle conception, il a juste répondu : « it’s beautiful », c’est beau ! (rires). Lui peut se permettre de dire cela. Le développement de ce nouveau paradigme viendra de gens qui ne sont pas dans le « mainstream », dans l’establishment. C’est mon cas. Ce qui m’intéresse, c’est ce qui me paraît le plus vrai, le plus fidèle à la réalité. On peut dire que je suis fou, je m’en fiche. 

Qu’entend-t-on par nouveau paradigme ?
Le paradigme est la totalité des présupposés d’une théorie. C’est une image, une idée du monde. Nous en avons tous une dans la tête – même si nous n’en sommes pas conscients – que nous avons construit à partir de ces présupposés. Quand il y a trop d’anomalies, trop de choses incompréhensibles sur la base de cet ensemble de présupposés, alors on cesse d’ajouter explication sur explication, et on propose un autre système. C’est ce qu’a fait Copernic en disant que le soleil était au centre du système, et non la Terre. Le nouveau paradigme consiste à re-simplifier en se basant sur une conception nouvelle, plus profonde, plus capable de répondre à nos interrogations. C’est un autre type de monde. 

Quelles qualités développeraient un individu qui vivrait dans ce nouveau paradigme ?
Les qualités dont nous avons besoin pour survivre sur cette planète : savoir que la solidarité a vraiment une base physique, que ce que l’on fait aux autres, on le fait aussi à soi-même. Les interactions existent partout, c’est une évidence. Si on met des déchets dans une rivière, ils ne disparaissent pas dans l’océan. Tout est lié de façon permanente. Nous faisons partie d’un monde organique, à la manière d’une cellule. Si une cellule n’est pas cohérente avec le reste de l’organisme, alors tôt ou tard, elle devient un cancer et le tue. L’organisme peut survivre quand tous les éléments qui le composent sont cohérents. L’humanité a perdu la cohérence avec la nature. 

Est-ce que cet individu utiliserait des capacités d’appréhension du réel différentes de celles qu’on utilise aujourd’hui ?
Toutes les autres espèces utilisent cette information. Ce n’est pas possible que tout ce que nous appelons instinct soit mystérieux. C’est un type d’information, de mémoire qui est reçu. Le nombre de bits d’informations nécessaires à une araignée pour construire sa toile est bien plus important que le nombre de particules qui composent l’araignée, mais elle sait comment procéder. Nous sommes en contact permanent avec le champ d’information qui nous entoure et nous reprenons cette information. Il n’y a que l’homme moderne qui ne l’utilise pas. Il y arrive parfois dans ses rêves, dans des états profonds de méditation, mais ce n’est pas reconnu dans la culture quotidienne. 

Pensez-vous qu’il y a dans le monde dit matérialiste une vraie souffrance, liée à la négation de ces perceptions ?
C’est une aliénation. Nous avons créé un monde stérilisé, réduit, pauvre, où il n’y a que quelques interactions. Tout est très limité. C’est comme vivre dans un mécanisme, c’est inhumain. Les cultures traditionnelles vivent dans un monde beaucoup plus vaste, plus intuitif. Aux frontières des nouvelles sciences, nous sommes en train de recouvrer certains éléments de cette richesse, à travers justement les phénomènes quantiques. 

Mais avec internet, Twitter, facebook, ne sommes-nous pas en train de créer un véritable réseau, entre tout le monde, de façon mécanique ?
Cette information est portée par les ondes électromagnétiques. Mais il faut concevoir qu’il y a aussi des phénomènes qui sont non électromagnétiques, qui sont des transmissions plus subtiles de l’information à travers des ondes dans le vide, et qui peuvent être perçues par un processus qu’on nomme « résonances quantiques adaptatives de phase ». Quand les phases se synchronisent, comme dans les phénomènes de résonance, Il y a alors transmission d’information. Nous pouvons nous synchroniser avec un aspect du monde qui nous entoure, avec certains événements. Je fais appel depuis des années à la médecine informationnelle, énergétique. Un guérisseur en Autriche peut se synchroniser avec mon corps, de préférence quand je dors, car en état d’éveil, nous sommes trop actifs et c’est plus difficile. Ma présence dans son cabinet n’est pas nécessaire. Le guérisseur trouve des déséquilibres qu’il essaie de corriger. Au matin, il arrive que je me sente bizarre. Il y a indéniablement un effet. Ce sont des ondes quantiques qui agissent dans ce champ-là. 

Vous évoquez aussi la résonnance entre les objets, entre notre Terre et d’autres Terres, par exemple ?
C’est une spéculation. Beaucoup de choses improbables se passent. La direction que prend l’évolution ne peut pas être purement aléatoire. Peut-être notre monde vivant est-il en rapport avec d’autres biosphères, qui existent depuis beaucoup plus longtemps. Il y a une forme de guidance. Dans cette période de crise, un nombre croissant de personnes ressentent une capacité de penser, de sentir, de s’orienter. Quelque chose se passe. 

Est-ce que vous voyez des signes tangibles de ce changement de conscience ?
Oui, dans le fait qu’il y ait une ouverture vers des connaissances qui jusqu’à présent étaient écartées comme purement fantaisistes. Dans ces situations de grands défis, nous avons besoin d’une compréhension beaucoup plus profonde que celle que donne la science traditionnelle moderne. C’est pourquoi l’ouverture d’esprit à des perceptions plus profondes, à une compréhension plus complète, n’est peut-être pas accidentelle. Les grands créateurs, artistes, prophètes, scientifiques, travaillent de cette manière. Edison a dit qu’il n’avait rien inventé, qu’il avait tout reçu. 

Est-ce qu’on n’entre pas là avec la notion de « but », dans des considérations religieuses ou spirituelles qui incitent justement les scientifiques à prendre leurs distances ?
Ce n’est pas forcément un but fixé, c’est un but qui émerge dans le processus. Le potentiel existe, qui permet la complexification, la conscience. Le cerveau est un transmetteur qui élabore l’information présente et peut en ajouter. Cela ne signifie pas qu’un but est donné par une entité transcendantale. Le but émerge au cours du processus, cette émergence en fait partie. Il s’agit de téléonomie(2), pas de téléologie. 

Pour vous, sommes-nous dans une situation d’urgence ?
La manière dont nous opérons dans le monde n’est pas durable, du point de vue de la finance, des ressources, de la population. Ce n’est pas l’environnement qui fait de nous une espèce en danger, c’est nous-mêmes. Parce que nous changeons l’environnement, nous créons les conditions qui vont changer l’équilibre de base de la biosphère. Cette biosphère tôt ou tard trouvera un nouvel équilibre, mais il est très probable qu’il sera moins favorable à l’espèce humaine, c’est-à-dire à 7 milliards d’individus qui sont tellement dépendants des équilibres actuels développés depuis le dernier âge glaciaire. Nous atteignons des limites. 

Pour intégrer de nouveaux concepts, l’humanité n’a-t-elle pas besoin de trop de temps, alors qu’on observe une telle accélération ?
Ce n’est pas la connaissance purement rationnelle qui est en jeu. C’est la connaissance instinctive, émotionnelle. Il s’agit de se sentir partie d’un système. C’est autre chose que de reconnaître qu’on fait partie d’un système. L’humanité pendant quasiment toute son histoire a vécu avec ce sentiment de faire partie d’un univers vivant, à l’image des Indiens précolombiens qui voyaient l’environnement comme leur père et mère, comme quelque chose de sacré. Un groupe d’individus n’a plus senti de façon profonde son appartenance et a commencé à modifier l’environnement. Cette évolution a culminé avec la séparation cartésienne de l’esprit et de la matière, avec l’idée de Francis Bacon de maîtrise du monde. La primatologue Jane Goodall m’a raconté qu’après avoir vécu des années avec des chimpanzés, elle parlait de la conscience de ces animaux. Ses collègues en Angleterre lui ont dit que c’était de la bêtise : « Enfin, les chimpanzés ne ressentent rien. » C’était il y a 25 ans. Ça a changé aujourd’hui. L’idée que la conscience n’est pas seulement humaine est de plus en plus acceptée. 

Qu’est-ce que la conscience justement ?
Bonne question. Nous ne le savons toujours pas. L’hypothèse la plus raisonnable est que la conscience est dans ce champ, ce vide quantique, qui est le logiciel de l’univers et contient toute l’in-formation, les constances universelles… Cela surgit dans l’espace-temps, formé par l’in-formation (au sens de Bohm). La conscience est une manière de capter une partie de cette in-formation qui est dans la nature, dans le cosmos. Nous sommes capables grâce à notre cerveau d’en décoder une partie importante. La conscience même est présente dans toutes les entités existantes. Le degré d’élaboration, d’articulation de conscience dépend de la capacité à capter cette information dans le monde. Chercher la conscience dans le cerveau revient à chercher le programme de télévision dans le récepteur. La conscience n’est pas produite par le cerveau. 

Quelle différence faite vous entre la conscience et votre identité ?
La conscience m’accompagne durant toute ma vie, et peut-être après. La conscience serait-elle la continuité de mon identité ? Je voyage beaucoup. Parfois quand je me réveille le matin, ça me prend un bon moment pour me rappeler où je suis. Peut-être se réveille-t-on d’une vie à l’autre sans se souvenir qui on était ? 

Deux séries d’événements ont été très marquantes récemment, pour des raisons différentes. La succession des « printemps arabes » et la catastrophe nucléaire de Fukushima. Que vous ont-ils inspiré ?
Certains affirment que quand de grands événements changent la conscience humaine, cela pourrait interagir avec les processus physiques sur terre. Mais nous n’avons pas encore les moyens de le vérifier. A travers l’émergence d’une nouvelle conscience comme dans le printemps arabe, ou bien à travers la démonstration que la nature peut nous réserver des surprises auxquelles nous ne sommes pas préparés, c’est l’instabilité du système que nous avons construit qui est démontré. Ces systèmes sont sous pression. Tout notre monde est dans une condition d’instabilité, qu’il s’agisse de nos organisations socio-culturelles et politiques ou de nos applications technologiques. Nous approchons du point critique au-delà duquel la situation ne sera plus soutenable, et ces événements sont un ferment qui vient nous rappeler la nécessité de créer un monde plus stable, non pas en re-stabilisant l’ancien, mais en créant un nouveau système.
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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 12:22
Vers une théorie intégrale du tout ?
Les mystiques et les sages savent depuis longtemps qu'il existe un champ cosmique reliant tout à tout au plus profond de la réalité, un champ qui conserve et transmet l'information. De récentes découvertes scientifiques indiquent que celui-ci pourrait être réel...
Que les théories scientifiques aient ou non un sens sur le plan humain, il est clair qu'elles ne sont pas éternelles. Il arrive de temps en temps que même les théories les plus solides s'effondrent parce que les prédictions qu'elles proposent ne sont plus corroborées par les nouvelles observations. Lorsque celles-ci n'ont pas d'explications immédiates, on les définit comme « anomales ». Étrangement, ce genre de chose est le moteur même du progrès en science. Bien sûr, quand tout fonctionne bien, il peut quand même y avoir du progrès, mais il s'agira au mieux d'un progrès fragmentaire. En fait, souvent on raffine d'avantage la théorie acceptée pour mieux l'adapter aux nouvelles observations et découvertes. Par contre, les grands changements se produisent quand cela n'est plus possible. Dans ce cas, les scientifiques atteignent tôt ou tard un point où ils préfèrent partir à la recherche d'une théorie plus simple et plus éclairante plutôt que d'essayer d'étirer les théories établies. Dès lors, la voie est ouverte à une innovation fondamentale : un changement de paradigme. Et ce changement survit à la suite d'une accumulation d'observations ne correspondant pas aux théories acceptées et ne le peuvent aucunement, même si on étire ces théories. On est ainsi en présence d'une situation prête à accueillir un nouveau paradigme scientifique plus approprié. [...]

Durant les périodes de révolution scientifique, c'est-à-dire quand un paradigme établi est de plus en plus sur la sellette, les fables des chercheurs avant-gardistes acquièrent une importance particulière. Certaines restent des fabulations, d'autres abritent les graines d'une avancée scientifique importante. Au début, personne ne sait avec certitude laquelle des graines va croitre et donner des fruits. Dans un état de chaos créatif, le champ fermente. C'est ce qui se passe en ce moment dans une remarquable variété de discipline scientifique. Un nombre croissant de phénomènes anomaux voit le jour en cosmologie physique, en physique quantique, en biologie quantique et évolutive, et dans le nouveau domaine de recherche sur le champ de conscience. Ces phénomènes suscitent de plus en plus d'incertitude et amènent les scientifiques ouverts d'esprit à chercher au-delà des théories établies. Alors que les scientifiques plus conservateurs revendiquent que seules peuvent être reconnues comme scientifiques les idées publiées dans des magazines scientifiques bien établis et reproduites dans les manuels scolaires, les dissidents sont à la recherche de concepts fondamentalement nouveaux, y compris ceux qui semblaient dépasser les bornes ne serait-ce que quelques années plus tôt. Conséquemment, dans un nombre grandissant de disciplines, le monde devient de plus en plus fabuleux. Il est doté de matière noire, d'énergie noire et d'espaces multidimensionnels en cosmologie ; de particules instantanément reliées entre elles dans tout l'espace-temps par des plans plus profonds de réalité quantique ; de matière vivante présentant la cohérence des quanta en biologie ; de connexions transpersonnelles allant au-delà de l'espace-temps dans la recherche sur la conscience. Telles sont quelques-unes seulement de ces « fables » actuelles.

Même si nous ne savons pas encore aujourd'hui laquelle de ces fables deviendra demain une théorie scientifique acceptée, nous pouvons d'ores et déjà dire quel genre y parviendra. Les plus prometteuses ont des caractéristiques communes : en plus d'être novatrices et logiques, elles abordent les principales sortes d'anomalies d'une façon fondamentalement nouvelle et significative.
Actuellement, les principales sortes d'anomalies concernent la cohérence et la corrélation. La cohérence est un phénomène physique bien connu : sous sa forme ordinaire, elle définit la lumière comme un composé d'ondes ayant une différence constante en phase. Autrement dit, les relations de phase restent constantes et les processus et les rythmes sont harmonisés. Les sources ordinaires de lumière sont cohérentes sur quelques mètres, alors que les lasers, les micro-ondes, et d'autres sources lumineuses technologiques restent cohérentes sur des distances bien plus considérables. Mais la cohérence dont il est question ici est plus complexe et remarquable que dans sa forme ordinaire. Elle renvoie en effet à une syntonisation quasi instantanée entre parties ou éléments d'un système, que ce système soit un atome, un organisme, ou une galaxie. Toutes les parties d'un système offrant cette cohérence se trouvent dans une corrélation telle, que ce qui arrive à une partie arrive également aux autres parties.

Dans un nombre croissant de domaines scientifiques, les chercheurs rencontrent cette forme surprenante de cohérence ainsi que la corrélation qui la sous-tend. Par ailleurs, ils semblent signaler une forme et un degré d'unité auparavant insoupçonnés dans la nature. La découverte de cette unité figure au coeur de ce nouveau changement de paradigme. Il s'agit d'une avancée remarquable, car ce nouveau paradigme nous procure la meilleure base jamais eue pour façonner la théorie intégrale du tout que l'on cherche à élaborer depuis longtemps, sans succès. 

Extrait du livre « Science et champ akashique » (Editions Les Arènes)
Par Ervin Laszlo - 22 septembre 2005
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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 12:17
Et si les coïncidences avaient un sens ?
Notre monde fourmille de coïncidences qui peuvent être frappantes. Carl Gustav Jung a défini la synchronicité comme une coïncidence temporelle de deux ou plusieurs événements sans lien causal entre eux et possédant un sens identique ou analogue. Quel est donc le sens de ce lien, qui ordonne la matière comme une danse, sans logique apparente ?
Nous pensons généralement en termes de causalité formelle : parce qu’il y a du soleil, j’ai chaud. La physique classique, dont le discours sous-tend notre vision du monde, fonctionne selon ce principe. A produit B. En marge de cette causalité règne un hasard aveugle, émaillé de coïncidences, qui peuvent être frappantes. Nous ne nous y attardons pas, pensant qu’elles sont forcément fortuites. Mais il existe dans la nature un autre type de relation, synchrone et acausal, mis en évidence par la physique quantique. Ce lien qui ordonne la matière comme une danse, il n’a pas de logique, mais il produit de l’harmonie.

Avec la notion de synchronicité, Carl Jung élabore la même affirmation sur le plan psychique. Jung définit la synchronicité comme « coïncidence temporelle de deux ou plusieurs événements sans lien causal entre eux et possédant un sens identique ou analogue». Une image inconsciente pénètre la conscience - sous forme d’idée, de symbole, de rêve ou de prémonition - et une situation objective coïncide avec ce contenu. C’est l’observateur qui confère une valeur à la synchronicité. Elle est plus qu’une coïncidence. Elle va bien au-delà du pur hasard et révèle un fonctionnement global où matière et psyché sont deux faces d’une même réalité. 

L’exemple classique présenté par Carl Jung est celui d’une patiente aux prises avec un blocage rationalisant, dont l’analyse patine. Elle lui raconte un rêve dans lequel elle reçoit un scarabée d’or. Soudain, un bruit à la fenêtre. Jung va voir : « Le voilà votre scarabée » dit-il, attrapant l’insecte qui vient de se cogner contre la vitre. Il s’agit d’une cétoine dorée, version européenne du scarabée d’or. Le carcan rationaliste de la patiente vole en éclat, elle peut avancer dans son analyse. La synchronicité nous surprend, nous saisit. Elle peut fournir l’impulsion à un changement nécessaire. Ce type d’exemples abonde en clinique. Certains auteurs ont fait de la notion de synchronicité un pilier de leur approche de l’existence. Ils invitent les lecteurs à en tenir compte dans leur vie quotidienne, à s’en servir de boussole, des résonances indiquant que nous sommes « en phase » avec notre destin. Sans tomber dans le piège de la pensée magique qui consiste à croire que parce que l’on a pensé quelque chose, cette chose s’est produite, nous pouvons enrichir notre approche de l’existence.

Enfin, la synchronicité est à la source de nombreuses créations artistiques. Elles sont parfois plus que de simples produits de l’imaginaire. Le créateur de Corto Maltese Hugo Pratt (3) en avait fait un art de vivre. Les synchronicités venaient enrichir son œuvre et se répercutaient aussi sur sa vie, de telle sorte que réel et imaginaire se chevauchaient sans cesse.

L’émergence de synchroncités est courante au cours des processus thérapeutiques.
Voici un exemple relaté par le psychanalyste Pierre Solié dans La synchronicité, l’âme et la science : 

Des confrères lui adressent un jour Laure, 24 ans, étudiante en psychologie, dépressive. Sa mère est morte 9 ans plus tôt, et son père absent. A l’époque où Laure devient sa patiente, Pierre Solié est lui-même en plongée « dans l’archétype de la Grande Mère et de ses fils – et filles – amants. Sa propre mère est morte lorsqu’il avait onze ans, raison pour laquelle il accepte de vivre avec Laure le deuil pathologique de sa mère. Au bout de la troisième séance, Pierre Solié se rend compte que Laure a besoin de se construire, grâce au Livre des morts tibétain et à celui des Egyptiens, un imaginal de la vie après la mort, « que lui avait radicalement interdites et ses études « sèches » de psychologie, et ses rencontres avec les thérapeutes antérieurs niant toute réalité au monde des Images-archétypes. »

Avec son thérapeute, elle se livre à ce travail de construction, qui se poursuit par la reconstitution de l’appartement de son enfance… tout proche de celui que Pierre Solié habitait à la même époque. Quelque temps plus tard, elle lui apprend que son village natal est aussi celui de ses ancêtres ! Ce qu’il vérifia grâce à des documents qu’elle lui fournit.

« Nous voici donc avec Laure en présence de trois niveaux, trois stades, trois nœuds de la mémoire(…) entrant en interférence, en coïncidence de phase avec les miens » écrit Pierre Solié. Un nœud mémorial commun à l’humanité entière, l’imaginal égyptien de la mort, primordial à l’époque pour le thérapeute et sa patiente, en lien avec le décès de leur mère ; un nœud mémorial de lignage, « celui des ancêtre qui l’enracinait dans la même terre d’origine que la mienne » ; et enfin « un nœud mémorial individuel, celui de son propre lieu de naissance, proche de mon appartement à l’époque la plus significativement dramatique de sa vie ».

Et Pierre Solié de conclure : « Etranges coïncidences à travers l’espace et le temps. Etranges « connexions acausales » qui font sens – ô combien – pour Laure et pour moi… »

La synchronicité de la rose


Dans Le désir d’être inutile, Hugo Pratt relate cette synchronicité qui le marqua profondément : « alors que les alchimistes recherchent la rosa alchemica, j’ai fait l’expérience de la rose qui venait à ma rencontre. Pendant mon séjour en Argentine, j’étais allé dans une petite station balnéaire au bord de l’Atlantique. C’était le mois de juin- et donc pour l’hémisphère sud, l’hiver. La ville, surpeuplée en été, était déserte. Les vitrines des boutiques étaient recouvertes de panneaux de bois, le sable envahissait les rues. J’aime me promener dans les villes désertes, et j’étais donc content de cette relation privilégiée. J’habitais seul dans une petite maison que j’avais louée. Un matin, en sortant, je trouve une rose accrochée dans le grillage autour de la maison. D’où pouvait venir cette rose ? Est-ce que quelqu’un l’avait mise là à mon attention ? Mais il n’y avait personne dans les environs… Cette rose reste pour moi un mystère. »

La rosa alchemica réapparait dans Les Scorpions du désert. C’est le titre du livre de William Butler Yeats que lit le personnage Judditah Canaan. Un traître assassinera la jeune fille en lui offrant un bouquet de roses empoisonnées.

Plus tard, Hugo Pratt s’est rendu sur la tombe de Yeats en Irlande. Une personne dans une taverne près de Dublin lui a lancé : « Hugo Pratt ? – Oui – Vous venez pour Yeats ? ». C’était bien le cas. Et une autre qu’il ne connaissait pas lui a dit, alors qu’il se tenait près de la tombe du poète, à Drumcliff: « Comment ça va ? Ca fait longtemps qu’on ne s’est pas vu. » Le transfert entre Yeats et Pratt s’était effectué, comme il y a un transfert permanent entre Pratt et son héros Corto Maltese.
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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 23:37

synchronisons nous.pg

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 12:39
pratique de la respiration neutralisante
S'unir pour le nouveau monde
Gilles Sinquin
www.connexion-lumiere.com
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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 12:28
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